![20140805_beit_hanun4[1]](https://oanthore.fr/wp-content/uploads/2025/03/20140805_beit_hanun41-678x381.jpg)
Le fossé entre Israéliens et Palestiniens ne cesse de s’approfondir, alimenté par l’intransigeance d’un gouvernement extrémiste qui plonge la région dans une spirale de violence et d’aveuglement. La souffrance des Palestiniens atteint des sommets insoutenables, tandis que la population israélienne, enfermée dans une bulle d’illusion, semble incapable de prévoir les conséquences d’une politique qui reproduit les conditions ayant mené aux massacres du 7 octobre.
L’écrivain Etgar Keret, figure incontournable de la littérature israélienne, exprime avec une lucidité rare l’angoisse et l’impuissance de ceux qui refusent de se résoudre à cet état de guerre permanent. Dans ses récits, il met en évidence la fragmentation de la société israélienne, les fractures internes qui affaiblissent toute perspective de paix. Israël est traversé par des manifestations chroniques, des colères qui éclatent et s’éteignent au rythme des décisions d’un gouvernement extrémiste, insensible aux appels au dialogue. Entre la peur et la résignation, une partie de la population perçoit l’impasse vers laquelle elle est menée, tandis qu’une autre, enfermée dans le déni, accepte aveuglément la logique guerrière imposée par ses dirigeants.
Il y a une fracture béante entre les réalités israélienne et palestinienne, comme le met en lumière Dominique Eddé. D’un côté, une société qui, malgré les tensions, conserve une illusion de normalité, où les débats et les contestations existent encore. De l’autre, un peuple privé de tout, pris dans une spirale infernale de destruction et de survie. Elle dénonce une logique implacable où Israël, plutôt que de tirer les leçons du passé, se réfugie dans une domination militaire aveugle, incapable d’imaginer une alternative à la violence. Cette cécité politique maintient les Israéliens dans un faux sentiment de sécurité, pendant que les Palestiniens, eux, s’enfoncent dans un désespoir toujours plus profond.
La réalité de Gaza est « Gazastrophique » comme l’écrit Rami Abou Jabous. Des maisons éventrées par les frappes laissent derrière elles des silhouettes de murs noircis, vestiges d’une vie balayée en un instant. Dans les rues, les gravats se mêlent aux corps sans vie, les cris des survivants résonnent, étouffés par la poussière et la peur. Les hôpitaux débordent de blessés abandonnés sur des civières de fortune, les soignants épuisés luttant contre le manque de matériel et d’électricité. Devant les rares points de distribution de nourriture, les files s’allongent sous un soleil accablant, où des enfants aux ventres creusés attendent une aide incertaine. La nuit, le vrombissement des drones empêche le sommeil, plongeant la population dans une angoisse continue. Chaque jour apporte son lot de funérailles précipitées, où l’on enterre les siens dans la hâte, avant que d’autres bombes ne tombent. Rami Abou Jabous porte ce témoignage de souffrance, rappelant à la conscience du monde que cette tragédie n’est pas une abstraction, mais une accumulation de vies brisées, une détresse qui dépasse les mots.
Ainsi, la situation actuelle n’est pas une fatalité mais le résultat d’une politique irresponsable qui pousse Israël vers un précipice. L’illusion de la sécurité par la force ne fait qu’aggraver l’insécurité. Tant que les voix de la raison et de la justice, portées par des figures comme Keret, Abou Jabous et Eddé, seront ignorées, le cycle de la souffrance continuera, menaçant de replonger la région dans une nuit sans fin.
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